« Mon agresseur présent au milieu de la chaussée avec une machette » – Témoignage de Moïse Manoel

Notre correspondant Amériques latines & Caraïbes, Moïse Manoel qui a subi plusieurs violentes agressions homophobes, en Guyane française, ces dernières semaines s’est entretenu auprès du site 76 Crimes. Tandis que les autorités françaises locales semblent rester jusque-là immobiles, malgré trois dépôts de plaintes consécutives, GUSOMA relaie son témoignage en publiant un extrait.

Publié le 18 avril 2020

« Je regagnais mon domicile lorsque mon agresseur présent au milieu de la chaussée avec une machette m’a intimidé en refusant de me laisser le passage. Après que j’ai essayé de le raisonner, James Williams* brandit son arme en me courant après, alors que je faisais demi-tour pour fuir.

Le samedi 27 février, toujours dans le même quartier populaire de Saint-Laurent du Maroni, dans un point de vente informel de nourriture, James Williams m’a de nouveau adressé des menaces de mort. Depuis, je me suis efforcé d’éviter son quartier assez souvent, et par chance, je ne le revoyais pas. J’ai cru ainsi pouvoir avoir droit à un retour à une vie presque normale.

Cependant, j’ai subi le 06 avril 2021, ce qu’il convient d’appeler une tentative de meurtre. J’ai quitté mon domicile vers 20h50. Voulant éviter de passer devant le logement de James Williams*, je me suis engouffré dans une ruelle de son quartier où finalement, je suis tombé nez à nez avec lui et deux autres larrons de son âge qui étaient déjà présents lors des méfaits précédents.

A partir de là, j’ai été l’objet d’intimidations, la circulation m’étant interdite. J’ai dû à de nombreuses reprises faire demi-tour. Menacé, j’ai pris à témoin la population et les riverains face à ces comportements inqualifiables. Des habitants ont rabroué mes agresseurs, sans succès. Cherchant à fuir à nouveau, j’ai été traqué puis bloqué au milieu de la chaussée, un peu plus loin. Un habitant que j’ai appelé à l’aide m’a rit au nez et a éructé que je « fais le makoumè », ce qui signifie que je suis un « pédé ». L’épilogue de cette agression a été ma fuite à vélo vers la ruelle où le voisinage m’était venu en aide, un peu plus tôt.

Tandis que les amis de James Williams m’ont laissé partir, ce dernier a quitté la selle du vélo de son camarade pour me courir après en menaçant de « me planter avec un couteau ». Ne sachant que croire, je me suis néanmoins retourné dans l’obscurité de cette ruelle mal éclairée où il m’a semblé quand même nettement distinguer une arme blanche – un coûteau de cuisine – dans la main de James Williams.

Dans un ultime réflexe, je me suis finalement engouffré à vélo dans le jardin d’un voisin qui discutait là en compagnie de deux autres amis… ».

Témoignage complet : 

https://76crimesfr.com/2021/04/11/guyane-francaise-un-membre-de-lequipe-de-76crimes-menace-de-mort-a-saint-laurent-interview/

Crédit photo : Pixabay

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