Sénégal : L’article 319 représente le bras armé de la mise à mort sociale des minorités sexuelles [Tribune]

Dans une tribune de décembre 2020, le Collectif sénégalais en faveur des droits humains demande l’abrogation de l’article 319 du Code pénal condamnant « les actes impudiques ou contre-nature entre individu·es du même sexe ». Pouvant entraîner jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et près de 1 500 000 francs CFA d’amende (soit 2 500 euros), cette loi « représente aujourd’hui le bras armé de la mise à mort sociale des minorités sexuelles », pour reprendre la formule du site 76 crimes qui relaie cette tribune.

Nous collectif de sénégalais·es militant·es engagé·es dans  la défense des droits humains, dénonçons l’instrumentalisation au Sénégal de l’article 319 – alinéa 3, comme « un enjeu de souveraineté nationale », ainsi que l’inaction de certain·es de nos allié·es face à pareille rhétorique trompeuse.

Nous collectif de sénégalais·es militant·es engagé·es dans la défense des droits humains, dénonçons l’article 319 – alinéa 3, devenu l’emblème d’un discours haineux banalisé, à l’encontre d’autres sénégalais·es.

Nous collectif de sénégalais·es militant·es engagé·es dans la défense des droits humains, dénonçons l’article 319 – alinéa 3, qui empêche les acteurs·trices de terrain de travailler efficacement sur la question des droits humains.

Nous collectif de sénégalais·es militant·es engagé·es dans la défense des droits humains, dénonçons l’article 319 – alinéa 3, vecteur de prévarication aux dépens des victimes de violations des droits humains, et prétexte d’impunité pour les personnes opposées à la liberté d’aimer de tou·tes les citoyen·nes sénégalais·es.

Nous collectif de sénégalais·es militant·es engagé·es dans la défense des droits humains, demandons l’abrogation sans délai de l’article 319 – alinéa 3, constatant qu’il est la porte ouverte à de multiples abus, en totale contradiction avec l’exercice d’une justice moderne au service des plus faibles, conformément à la Charte Africaine des Droits de l’Homme.

  • que ledit article de loi est une menace pour l’intégrité physique et psychique des minorités sexuelles et de genre au Sénégal, et de ce fait est synonyme de mort sociale pour les personnes concernées.
  • que  l’article 319 – alinéa 3 entraîne un  statu quo nourrissant chaque jour  davantage de clivages, de dissensions au sein de la société sénégalaise, laquelle a besoin d’apaisement, de dialogue national et ce, sans fanatisme ni corruption.

Nous collectif de sénégalais·es militant·es engagé·es dans la défense des droits humains, demandons un retour au principe du constitutionnalisme et à l’Etat de droit en découlant, notamment la protection de tout être humain, de sa dignité, de son autonomie et de sa liberté. Le Sénégal se dit être un pays composé d’une majorité de citoyen·nes de confession musulmane, point sur lequel s’appuient largement certain·es extrémistes pour légitimer l’article 319 alinéa 3. Il n’en reste pas moins que le Sénégal reste un pays laïc, où doivent cohabiter en bonne intelligence liberté de culte, liberté d’opinion, liberté affective, romantique et sexuelle.

À Dakar, Sénégal

Le 10 décembre 2020

Source : https://76crimesfr.com/2020/12/10/nous-demandons-a-ouvrir-sans-delai-un-debat-autour-de-larticle-319-alinea-3-au-senegal/

Crédit photo : Pixabay

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