Trans, queers, lesbiennes et gays : toutes les vies noires comptent !

La marche du 18 juillet 2020, réclamant Justice pour Adama Traoré, à Beaumont-sur-Oise, est l’occasion pour F.D.K (éditorialiste GUSOMA) de rappeler l’implication forte des afro-LGBTQ dans le mouvement #BlackLivesMatter contre toute tentative d’invisibilisation.

Depuis juin 2020, les LGBTQ+ noirs qui participent aux manifestations anti-racistes contre les violences policières sont de plus en plus nombreux. En France, ils et elles répondent aux appels de l’activiste Assa Traoré réclamant justice pour son frère, Adama. Les violences physiques, morales ou symboliques des institutions (et de la société plus largement) sont autant de phénomènes que les afro-LGBTQ+ connaissent et combattent. Les violences policières, contrôles aux faciès et traitements discriminatoires nous touchent particulièrement, nous, LGBTQ+ noirs.

Tandis que le mois des fiertés LGBTQ s’est télescopé avec l’actualité des manifestations antiracistes, les afro-LGBTQ+ se retrouvent à la croisée des chemins. Devant l’ampleur du racisme systémique de la police qui contrôle sans commune mesure les hommes noirs, l’identité sexuelle et l’identité de genre ne sont absolument pas des totems d’immunité. Ils sont, bien au contraire, des facteurs aggravants ! Le caractère homophobe et transphobe des techniques d’humiliations du système sécuritaire « police/prison », manipulant les frontières des normes de genre, ne sont pas difficiles à prouver : lorsque des pressions nauséabondes sont exercées sur les personnes transgenres lors de contrôles d’identités, lorsque des refus de plainte sont prononcés à l’encontre de femmes lesbiennes victimes de violences, lorsque des fouilles anales ou palpations génitales sont utilisées contre des hommes en garde à vue, lorsque l’administration pénitentiaire ferme les yeux devant les viols d’hommes homosexuels en prison, lorsque des femmes transgenres sont enfermées en cellule pour hommes, etc. Ô combien les violences policières, les dénis de justice, concernent les afro-LGBTQ+ !

Si les violences policières sont l’affaire de toutes les personnes noires, les LGBTphobies le sont aussi, ou devrait l’être aussi. Or des tentatives intolérables d’invisibilation des LGBTQ noirs existent. Des stratégies dites de « respectabilité » sont à l’oeuvre. Des comportements hostiles se révèlent, parfois, pendant les rassemblements. A ceux qui répondent par le silence à ces violences LGBTphobes, sortez du mouvement « Black Lives Matter ». Si vos revendications n’incluent pas les queers noirs, elles fragilisent le mouvement noir ! Si vos revendications n’incluent pas les queers noirs, alors elles sont anti-noires ! La vie des personnes transgenres noires compte. La vie des personnes queers noires compte. La vie des personnes lesbiennes noires compte. La vie des personnes gaies noires compte. En somme, toutes les vies noires comptent.

Par F.D.K

Publié le 18 juillet 2020

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